La famille Karout et les abeilles, une histoire d’amour éternelle

Il y a quatre générations, la famille Karout n’était pas encore une famille d’apiculteurs. Au village, la plupart des villageois vivait du ver à soie et pendant des siècles cette activité a apporté prospérité aux habitants. Mais un jour, une menace est arrivée : la soie artificielle. Moins chère, plus facile à produire, elle a inondé le marché du textile. Presque du jour au lendemain tous les habitants du village se retrouvèrent sans travail.

 

Comment une abeille a sauvé un village?

Dans la famille tout le monde connaît l’histoire de l’arrière grand-père. Alors qu’il cherchait comment sortir le village de la pauvreté, une abeille est venue se poser sur sa main. C’est là qu’il a eu l’idée. La solution était sous ses yeux. Nous ferons du miel ! C’est ainsi qu’était né le premier apiculteur du village. Une activité qui allait bientôt se répandre à tous les villageois, formés par son fils. Mais pour le village, l’apiculture était plus qu’une activité, c’était une histoire d’amour avec les abeilles, ces petits êtres ailés qui les avaient sauvé de la misère. “Au fil des ans, nous avons appris à les connaître, nous savons comment travailler avec elles, nous savons quelles sont les plantes mellifères dont elles raffolent.”, explique Ibrahim-Bernard Karout, l’héritier de cette lignée d’apiculteurs.

 

 

Éleveurs d’abeilles de père en fils

Quand Ibrahim-Bernard Karout récolte le miel, les abeilles l’accueillent en dansant autour de lui. Il ne porte ni combinaison protectrice ni gants. Quand nous lui demandons pourquoi, il sourit: “quand j’étais petit, je jouais avec elles”. Ses filles se souviennent du jour des premières récoltes de l’année quand elles étaient petites: “on attendait avec nos cousins que les premières gouttes de miel coule du maturateur sur notre pain, c’était un goût inoubliable”. © Photo: Sebastien Soriano/Le Figaro

 

 

Un savoir faire ancestral, une authenticité française

Rime, la fille aînée de Bernard, et son mari Fadi, la dernière génération Karout, ont créé la marque l’Abeille Française pour perpétuer ce savoir-faire familial unique. “Avec le projet Beelive, nous formons et accompagnons les futurs apiculteurs d’île-de-France, explique Fadi, aujourd’hui plus que jamais nous devons transmettre cet amour des abeilles. Ce n’est plus l’avenir d’un village qui dépend d’elles mais l’avenir de l’humanité.”

 

 

Un miel conçu par amour

Aujourd’hui, une grande partie du miel que l’on trouve en grande surface ne vient pas des abeilles, c’est un mélange de sucre. Produire du miel pur, dans des conditions optimales, est le seul moyen de sauver les abeilles. « C’est notre raison d’être, et nous nous efforçons de mettre le même amour à récolter le miel que les abeilles mettent à le fabriquer.”